Comment calculer les temps d’arrêt lors d’une modification de la ligne de production

Il n’est écrit nulle part que la modification de la ligne de production doit être un saut dans l’inconnu. Calculer les bons temps d’arrêt (et éviter ainsi les mauvaises surprises, les maux de tête et les problèmes avec les clients) n’est pas seulement possible, mais doit être fait, s’il est vrai que le temps, c’est de l’argent.

Par conséquent, afin d’éviter que les temps d’arrêt de l’installation deviennent plus longs qu’ils ne devraient l’être, je veux vous donner quelques outils pour vous aider à comprendre les temps d’arrêt pertinents à prendre en compte lorsque vous apportez des modifications aux lignes et comment voir si votre fournisseur est vraiment capable de respecter les délais indiqués.

Temps d’arrêt installation

Phase 1 : l’étude préliminaire

Partons du principe que vous avez déjà choisi le fournisseur et que le projet a déjà été approuvé.

La première chose à faire est de réaliser une étude pour déterminer l’impact des différentes activités sur la production et le temps que chacune d’elles prendra.

Vous devez diviser les activités en groupes :

  • Mécanique
  • Installation électrique et servitudes (air comprimé, eau, etc.)
  • Modification ou ajout de tableaux électriques
  • Logiciel
  • Test sans production
  • Test
  • Assistance à la production et formation du personnel

Pour chaque phase, le fournisseur (ou les fournisseurs s’il y en a plusieurs) doit vous indiquer le délai prévu. Les indications doivent être divisées de 3 façons :

  • Travaux possibles avant l’arrêt de l’installation
  • Travaux possibles uniquement avec l’installation à l’arrêt
  • Travaux possibles même après le redémarrage

Il vous manque un dernier point pour pouvoir établir un vrai diagramme des activités qui ait un minimum de sens : pour chaque activité, il faut que le fournisseur vous dise quand elle peut être réalisée par rapport à l’avancement des autres activités du même fournisseur ou d’autres.

Par exemple, vous ne pouvez pas commencer à brancher les servitudes si le mécanicien ne les a pas installées.

Prenons un exemple simple pour comprendre ce dont nous parlons.

Supposons que nous voulons ajouter une balance automatique pour doser un composant en poudre dans le mélangeur et que ce composant est dans un big-bag.

Quelles macro-activités sont à envisager ?

  • montage de la station big-bags
  • pose de tuyaux
  • montage de la structure de la balance sur le mélangeur
  • pose du tuyau de raccordement entre la balance et le mélangeur
  • pose des câbles entre le tableau et les servitudes
  • installation et connexion d’air comprimé
  • câblage des servitudes sur le terrain et sur le tableau
  • modification du tableau électrique
  • installation du nouveau logiciel
  • tests des servitudes et de la séquence sans produit
  • tests proprement dits
  • formation du personnel

Certaines de ces activités peuvent être réalisées avec l’installation en fonctionnement et n’affectent pas la production ou la sécurité du personnel.

Par exemple : vous pouvez déjà monter la station big-bags et probablement poser les tuyaux. Vous pouvez presque certainement aussi modifier le tableau électrique sans ajouter les nouvelles cartes à l’API et sans connecter les câbles sous tension. Vous pouvez peut-être aussi tendre les câbles du tableau vers les servitudes, en laissant les câbles plus longs si vous n’avez pas encore monté la mécanique.

Pour chacune de ces activités, vous devez savoir de combien de temps vous aurez besoin et donc combien de temps à l’avance les différents fournisseurs doivent être prêts.

Vous devez effectuer le même raisonnement, de manière encore plus détaillée, lorsque vous arrêtez l’installation pour les modifications plus délicates.

Vous comprenez également que vous ne pouvez et ne devez pas vous contenter d’une simple indication générique figurant sur l’offre ou dans un e-mail. Vous devez exiger de chaque fournisseur un document détaillé.

En fait, vous devriez l’exiger avant de lui passer la commande. Cela vous aidera à comprendre si le fournisseur est suffisamment expérimenté et s’il a compris toutes les difficultés du travail.

À défaut, ensuite ne vous plaignez pas si on vous a dit que tout serait fait en une semaine et qu’après trois semaines vous êtes encore en train de pousser des jurons.

Phase 2 : la préparation

Il ne suffit pas de coucher sur papier un tableau chronologique des activités pour obtenir les bonnes garanties.

Avant de commencer le travail, vous devez vérifier que chaque fournisseur est prêt et a réalisé ce dont il est responsable.

  • N’arrêtez pas l’installation si vous n’avez pas vu le logiciel modifié en simulation 
  • Ne commencez pas le travail avant d’avoir reçu tous les composants dont vous avez besoin.

Quelques semaines avant le début des travaux, vous devez demander une réunion avec les responsables des fournisseurs afin d’établir à nouveau les activités à réaliser, le calendrier et les modalités.

En effet, une fois que le projet est lancé et que chaque fournisseur a déjà travaillé sur celui-ci et acheté des matériaux, il aura certainement les idées plus claires et pourra corriger les éventuelles erreurs de la planification initiale. 

Phase 3 : la réalisation

Le moment est venu. Votre travail consiste à vous assurer que chaque fournisseur suit le programme et réagit aussi rapidement que possible aux problèmes qui se présenteront. Car soyez assurés qu’il y aura des problèmes : travailler sur une installation déjà construite est une affaire complexe et il est difficile de tout prévoir sur le papier.

Vous pensez peut-être qu’en confiant la maîtrise d’œuvre à un seul fournisseur, le problème vient de lui, car s’il livre en retard ou cause des dommages, vous ne le payez pas.

La réalité est un peu plus complexe. Il est vrai que l’on arrive souvent aux tests avec une partie de la commande encore à facturer. Mais il est tout aussi vrai qu’un retard dans la production même d’une semaine, qui entraîne le manque à gagner et la possibilité de perdre des clients, vaut plus que le quota restant à payer.

De plus, avoir des problèmes avec le fournisseur dès le départ n’est jamais une bonne chose.

Pour cela, il faut être présent personnellement.

Comment savoir si les délais indiqués sont corrects

Si ceux qui planifient les activités n’ont pas d’expérience directe de ces interventions, ils risquent de sous-estimer le temps nécessaire.

Le problème est qu’une fois le travail commencé, vous ne pouvez pratiquement rien faire pour réduire le temps ou simplement reporter le travail.

Comment, alors, savoir si l’emploi du temps est correct ?

Il existe des interventions plus ou moins invasives et complexes. Si vous n’êtes pas un spécialise, vous aurez vraiment du mal à évaluer et à remettre en question un programme, mais il existe quelques règles générales que vous pouvez utiliser comme boussole.

La liste suivante vous donne une idée de ce qui peut ou ne peut pas être fait en fonction du temps disponible (bien sûr, chaque intervention est différente et doit être soigneusement évaluée au cas par cas).

Avec une semaine d’arrêt, vous pouvez :

  • remplacer le logiciel de l’installation de dosage et du mélangeur (sans modifications mécaniques et électriques)
  • ajouter un ou deux composants à la balance (branchés sur la même ligne de transport)
  • changer le logiciel de l’API et du mélangeur (sans changer le tableau)
  • installer des stations de dosage manuel

Avec deux semaines d’arrêt, vous pouvez : 

  • installer une nouvelle balance pour poudres ou huile
  • installer de nouvelles bandes de transport pour le mélangeur
  • remplacer le tableau électrique d’un mélangeur ou d’une petite installation
  • remplacer l’API et le logiciel d’installations complexes sans changer le tableau électrique
  • ajouter de nouveaux silos ou stations big-bags, y compris avec des lignes de transport indépendantes
  • tester une petite installation nouvelle de mélange

Avec trois semaines d’arrêt, vous pouvez : 

  • remplacer les tableaux et les logiciels d’une ligne complexe
  • tester une installation moyenne neuve avec 3 balances, des bandes de transport, un mélangeur et quelques stations manuelles
  • modifier lourdement une installation existante avec de nouvelles balances et de nouveaux composants

Quand faire le travail 

Tout le monde veut faire les travaux de modification pendant les arrêts prévus. Dans la plupart des cas, à Noël ou en août.

C’est logique et compréhensible, mais ces périodes comportent souvent plusieurs écueils dont il faut tenir compte dans l’organisation du projet :

  • si vous êtes fermé, il est facile que les sous-fournisseurs vers lesquels vos fournisseurs se sont tournés soient également fermés, de sorte que trouver des pièces de rechange ou de nouvelles pièces peut être compliqué
  • pendant la période de Noël, il y a généralement beaucoup de vacances « incontournables », et le travail est donc nécessairement intermittent. Cela allonge le temps total et n’est pas optimal pour les interventions complexes
  • avant de reprendre la production effective, vous devez effectuer des tests avec l’installation modifiée ; vous avez donc besoin de votre propre personnel : assurez-vous de la disponibilité de vos opérateurs
  • même les fournisseurs structurés comme nous (nous sommes 20, dont 10 programmeurs) ne peuvent gérer en sécurité et en donnant les bonnes garanties qu’un nombre limité de travaux pendant les périodes de fête ou de vacances ; n’attendez donc pas le dernier moment pour passer vos commandes, mais anticipez-les le plus possible (envisagez au moins 6 mois à partir de l’ouverture du site)
  • si vous êtes responsable du projet, votre présence est requise pendant toutes les phases, ce qui signifie que vos jours de fête ou vos vacances en famille risquent de sauter.

Ce que je peux vous conseiller, c’est de bien planifier votre arrêt et d’examiner si vous pouvez utiliser des périodes alternatives pour effectuer de petites modifications.

Souvent, en ajoutant quelques jours à une autre période festive, vous pouvez faire plus qu’en travaillant par à-coups à Noël, avec moins de tracas et en dépensant moins.

Un dernier conseil toujours valable

La modification des installations de production, qu’il s’agisse de modification de logiciels, électriques ou mécaniques, nécessite une expérience spécifique des fournisseurs.

Contrairement aux tests d’une nouvelle installation, où un retard entraîne des problèmes limités, agir sur une installation en production est beaucoup plus risqué, car si des erreurs sont commises, vous ne produisez pas et ne vendez donc pas.

C’est pourquoi il est conseillé de s’en remettre à des fournisseurs experts qui ont déjà réalisé des travaux similaires à ce que vous voulez faire, qui peuvent le prouver et qui ont des témoignages d’entreprises de votre secteur.

Même si le changement semble insignifiant, ne le confiez pas simplement au moins cher. Évaluez son expérience, la façon dont il compte procéder avec le plan de travail et, si la modification nécessite un changement de logiciel, exigez de voir le logiciel modifié avant le début des travaux.

Malheureusement, c’est quelque chose que je vois souvent faire par certains de mes « collègues » : les modifications du logiciel (les plus simples, mais aussi les plus complexes…) sont effectuées directement sur le site ou terminées pendant les tests, en sautant toute la phase de tests au bureau.

Vous pensez économiser (temps et argent), mais cette pratique peut causer des problèmes même des mois plus tard et même sur des parties de l’installation qui, en théorie, n’ont pas été modifiées.

Il suffit de se tromper dans le nom d’une variable pour avoir des problèmes et risquer de bloquer la ligne.

Notre règle est de ne pas délivrer de logiciel sans qu’il ait été testé entièrement, même dans le cas de simples modifications.

Avec plus de 600 installations réalisées dans le monde entier en 25 ans, nous traitons chaque année de très nombreuses demandes de modification ou de mise à niveau.

Notre spécialisation nous permet de garantir les jours d’arrêt réellement nécessaires et d’indiquer le jour exact où la production pourra reprendre.

Si vous devez réaliser une modification impliquant l’automation mais aussi la mécanique, mon expérience est à votre service gratuitement pour vous aider à éviter les erreurs de planification et à choisir le bon fournisseur.

Vous pouvez me joindre chez Multi Data au +39 059 537902 ou par e-mail : claudio.tosi@multidata.it.

Bonne vie

Claudio Tosi

    Nato nel 1974 a Modena, si è diplomato all'istituto superiore Enrico Fermi in elettronica e telecomunicazioni. Dopo l'anno di militare ha iniziato il suo percorso professionale come tecnico programmatore presso la Multi Data s.r.l. Dopo oltre 20 anni di lavoro, si occupa di seguire i nostri clienti nel settore plastica e gomma, aiutandoli a migliorare la produzione e ridurre errori e costi.

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